Vue d’ensemble

Présentation de Climactions

Les communautés de recherche qui travaillent sur le climat, ses changements dont le réchauffement actuel et ses conséquences recommandent depuis plusieurs décennies de réduire drastiquement les émissions de gaz à effets de serre d’origine anthropique et plus généralement l’empreinte écologique liée aux activités humaines. Cependant, les sociétés humaines n’ont pas encore pris la mesure de l’urgence à agir et à limiter l’ampleur du réchauffement climatique global à 1.5-2°C, ce qui implique la mise en œuvre en 10 à 20 ans de transformations systémiques profondes et rapides, autrement appelées transitions.

Les États nationaux ou institutions supranationales sont ancrés dans un cadre d’économie de marché qui prend peu en compte le fait que les ressources terrestres sont pour la plupart finies. Les actions mises en œuvre pour une transition vers une économie très bas carbone ne sont pas à la hauteur des enjeux et ce depuis plusieurs décennies. La dynamique internationale cadrée par l’Accord de Paris est elle aussi très insuffisante. Il s’agit donc d’envisager des transitions en ordre dispersé, dans lesquelles les échelles individuelles et intermédiaires se retrouvent en première ligne.

Du fait de l’existence d’un faisceau de contraintes écologiques et de limites aux avancées scientifiques et techniques prévisibles, les transformations à mettre en œuvre doivent comporter une forte dimension de sobriété (« éviter »). Cet aspect est l’objet de résistances particulières et l’on observe en Europe et ailleurs, un fort penchant à envisager la transition dans la continuité d’une trajectoire historique de progrès technoscientifique.

Dans les sociétés occidentales, les mobilisations citoyennes et les actions concrètes de nombreux acteurs révèlent l’existence d'une « masse critique » prête pour - ou engagée dans - une transformation de mode de vie (consommation, production) intégrant, à des degrés divers, une composante de sobriété. Depuis peu, des signes clairs indiquent que la communauté de recherche nationale dans son ensemble pourrait disposer d’une telle masse critique (cf Labos1point5).

La communauté « climat » est, du fait même de l’objet de ses recherches et activités d’enseignement, particulièrement sensible aux enjeux de l’urgence climatique. Il y a pour elle :

  • une nécessité : ouvrir une transition de ses pratiques de recherche qui vienne mettre en cohérence ses comportements professionnels avec le message d’urgence climatique qu’elle tient depuis plus de 30 ans ;
  • une opportunité : accélérer ainsi la transition à l’échelle de la société en ouvrant de nouveaux canaux d’échanges avec elle, en incitant à l’action collective par l’exemple, et en renforçant la crédibilité de son message d’alerte ;
  • un garde-fou : une réflexion bottom-up collective à l’échelle des laboratoires assure que cette transition s’opère au maximum dans le respect de nos pratiques de recherche, de notre bien-être au travail et ne soit pas imposée par des mesures top-down potentiellement inadaptées.

Depuis 2016, des groupes de travail « Climactions » se sont progressivement mis en place dans la plupart des laboratoires de l’IPSL. Chaque groupe avait ses spécificités, mais de grands axes thématiques communs ont pu émerger :

  • la réalisation d’une étude simplifiée de l’empreinte environnementale/carbone générée par les activités et pratiques professionnelles du personnel ;
  • des actions de sensibilisation et de réduction des déchets dans les locaux du laboratoire (notamment plastiques et alimentaires) ;
  • la réduction de l’empreinte environnementale et sociale du laboratoire (sur les postes « Missions », « Numérique » et « Achats ») ;
  • des formations internes, des media training, le partage de ressources documentaires...

L’objectif originel de ces groupes était d’amorcer une réflexion à l’échelle du laboratoire pour accompagner le processus de transition dans la durée au plus proche des pratiques. Une première assemblée générale de l’ensemble de l’IPSL, organisée en juillet 2019, a permis de partager les approches (voir : https://climactions.ipsl.fr/evenements/assemblee-2-juillet-2019/). L’IPSL est ensuite passé à l’étape suivante en recrutant en 2021 Stéphanie Boniface, en tant que chargée de mission « transition » affectée à l’IPSL. Ses principales missions ont été ainsi définies dans sa feuille de route :

  • Appui au chiffrage (indicateurs, bilans annuels) et dissémination de l’information obtenue au sein de l’IPSL ;
  • Veille/conseil/accompagnement sur les changements de pratique des personnels ;
  • Animation de la communauté IPSL autour d’évènements majeurs (Semaine Clim'Actions, AG, ...) ;
  • Dialogue avec les tutelles, les agences de moyens, le collectif Labos1point5 ;
  • Appui à la communication avec l’extérieur.